dimanche 12 juillet 2009

BOLIVIE : Le Huayna Potosi a 6088m ...

Sa premiere ascension fut effectuee en 1919 par 2 alpinistes allemands. Il est qualifie comme etant un des 6000m les plus faciles du monde. Alors je me suis dit pourquoi pas ?
Avoir fait un 6000m dans son TDM cela fait bien sur sa carte de visite... direction le Huayna Potosi.



Inscription et recommendations, je suis deja dans le camion (bus) ...



Nous sommes un groupe de 5. 2 gars et 3 filles. Francais, Americaine, Irlandais, Canadienne et Australienne. Des voyageurs du monde en quelque sorte.



Premiere journee d'acclimatation au 1er refuge a 4800m. Je suis deja sur le Mont Blanc...

Nous nous entrainons au maniement des crampons et du piolet sur le glacier. J'obtiens la mention tres bien, je suis a l'aise.

Deuxieme jour d'ascension vers le 2eme refuge a 5300m. Presqu'une balade. Il fait bon et le paysage est extraordinnairement beau. Il n'y a pas de neige sauf sur les derniers 300m. Mes chaussures apres 10 mois de bons services ont perdus de leur efficacite de crampons. Dinner a 17h et au lit car nous partons demain matin pour la veritable ascension a 2h du mat ...



Sommeil difficile, lanuit se passe mal. Je ne dors pas, en partie a cause du moteur de camion qui 'ronfle' a cote de moi. Je me sens de plus en plus mal. Au reveil je vomis. C'est fait, je viens de choper le mal des montagnes. Je doute, mais si pres (enfin facon de dire) d'un tel objectif ... Les guides m'encouragent et me font boire du mate (the) de coca. Je decide de partir, quitte a rebrousser chemin plus loin. 500m d'ascension plus loin je vomis tout et l'enfer commence.



Cela restera pour moi un des efforts physiques les plus importants de ma vie. Pour eviter l'envie de vomir, que je garderai tout le temps, je me surventile. De grandes inspirations et expirations pour enmagasiner le maximum d'oxygene. Je suis encorde avec le guide et l'australienne. Les premiers metres sont tres durs, je n'ai pas le rythme et je m'arrete regulierement. Je ralentis l'ascension, mais nous poursuivons. L'altitude augmente et c'est au tour de ma collegue de cordee de ne pas se sentir bien. Nous effectuons des pauses qui s'averent salutaires. Je me sens de mieux en mieux (au niveau du souffle car l'envie de vomir est toujours la).



Petit a petit et metre apres metre, nous avancons. Les derniers metres seront terribles, enfin plutot les 1768 derniers metres. A bout de souffle je suis a la limite de la lucidite. Je me concentre sur chaque pas. La pente est importante mais je ne m'en rend pas trop compte.



Et puis je pense a certains proches et a force de volonte et sans doute un brin de chance, je viens d'atteindre 6088m. Je suis sur un toit du monde. Un reve (au sens propre comme figure). Il fait tres froid et le vent est assez violent. A la mesure du spectacle devant les yeux. Le jour se leve. Les couleurs apparaissent. Je ne sais pas quelle heure il est. Beaucoup d'images dans ma tete defilent. Mon esprit tourne au ralentie. Je n'ai pas pris mon appareil photo car encombrant et fragile (pour le froid). Ma collegue prendra quelques photos (a venir bientot...) pour immortaliser l'instant.
Il faut resdescendre car la temperature nous gele sur place. Un petit vomi et c'est reparti. Devant je spectacle j'avais oublie la surventile. A redescendre je dois poursuivre cette technique et l'effort est presque aussi dur.



Je suis fier de l'avoir fait, grace a tout ceux que j'aime et auxquels j'ai pense.

Merci, cette victoire est pour vous.

2 commentaires:

Unknown a dit…

Voilà ce qui m'est venu à la lecture de ton récit.
Putain le Salop : Il l'a fait !
ENORME BRAVO

capello a dit…

Franchement etant pas du tout specialiste j'ai pas trop realise dans quoi je m'embarquais ... mais avant, pendant, apres, j'ai vraiment ete en galere.

Cela restera un temps fort de mon TDM, sueurs, pleurs et bonheur.
Vomit ca rimait pas alors je l'ai pas mit.

MERCI